Lettre à mon zèbre…

Quelques mots pour toi mon zèbre,
Je n’ai pas remarqué que tu avais appris à lire tout seul à 4 ans et demi.
J’ai bien vu qu’être avec les autres c’était toujours compliqué.
J’apprends par une maîtresse que tu te mets dans une grande boîte dans un coin pendant la recré pour  lire tranquillement. Tu m’expliques alors que tu ne supportes pas le bruit. Trop de lumière te gêne aussi énormément. Je note que tu as du mal à apprécier la nourriture.
Je sens que tu n’aimes pas qu’on te touche et que tu n’as jamais froid.
Tu passes tes journées à lire et tu es calme à l’école.
Je suis inquiète quand tu me dis, des larmes dans les yeux, que tu voudrais bien t’endormir mais que ça ne s’arrête pas dans ta tête et que tu voudrais pouvoir appuyer sur un bouton stop.
Tu n’aimes pas aller à l’école et refuses de faire tes devoirs. Tu changes d’école primaire pour tenter. Mais là il faudrait te remettre dans le droit chemin : tu passes pour un sale gosse qui devrait être premier de ta classe puisque tu es identifié HP…
Papa et moi sommes méfiants, nous ne voulons pas passer du côté des parents d’enfants précoces ce qui à mon sens veut tout et rien dire… nous sommes trop méfiants. Heureusement, notre chemin croise un instit comme on voudrait en voir plus souvent, il te connait bien, il te fait confiance et t’accueille avec un an d’avance en CM2, sa pédagogie te convient.
Puis le collège ou tu es super bien accueilli et accompagné avec des profs formés, délicats, attentionnés, partenaires, nous avons de la chance.
Pourtant, petit à petit tu te désinvestis, rien ne t’intéresse, les lacunes s’accumulent, parfois même tu refuses d’aller en cours. Tu ne prends pas tes cours, écrire est une tâche complexe, tu ne comprends pas toujours les consignes que tu trouves souvent inintéressantes et inadaptées. Tu décroches…Dans certains cas même tu es violent envers tes camarades et tu fais peur aux profs… pourtant tu comprends que tu es allé trop loin. Tu te postes alors dans ton coin, tu ne bouges plus, tu ne parles plus.
Avec ton papa nous faisons en sorte d’affiner le diagnostic pour t’aider : nous trouvons enfin une psychologue et un pédo psychiatre qui nous expliquent mieux et qui t’accompagnent.  J’apprends qu’il y a des substances qui ne sont pas sécrétées en quantité suffisante dans ton cerveau. J’admets qu’un traitement pourrait t’aider.
HPI et TDAH avec impulsivité… Il aura fallu 7 ans pour en arriver là.
Je prends conscience tout doucement que tu n’y arrives pas et que ce n’est pas de ta faute.
J’ai du mal à admettre que tout soit compliqué ; que tu n’aies pas de copains à part les deux fidèles de ta toute petite enfance, ils comptent tellement ; que la plupart des relations sociales soient douloureuses pour toi ; que certains adultes pensent que comme tu es identifié HP, l’école est facile et que tu es en tête de classe et heureux ; que vivre au milieu de tes frères et soeurs dans le bruit et l’agitation n’est pas l’idéal mais c’est notre famille ; que parfois dans notre famille des adultes imaginent que tu es juste capricieux et pas assez cadré.
Alors je cherche, pour toi pour moi aussi en vrai.
Je comprends comment t’aider à mieux t’endormir avec une couette plus lourde qui t’enveloppe et pèse sur toi. Tu voudrais une tente sur ton lit pour t’y enfermer, du coup j’ai installé un rideau sur ton lit superposé, tu es comme dans un cocon.
J’ai lu que les animaux pouvaient t’apporter un peu de calme et de douceur. Pour Noël tu as eu un petit cochon d’Inde qui te fait un bien fou. La médiation par l’animal marche bien d’ailleurs, tu aimes enfin aller voir ta psy qui pratique cette méthode.
J’écoute des conférences de spécialistes (celle-ci résume bien). Cela aide mais tu es complexe, il faudrait que tu arrives à m’expliquer mieux.
J’essaye de te prendre dans mes bras, de force, pour te toucher, que tu sentes que je suis là même si parfois je me mets en colère quand ton attitude me dépasse… car je me sens impuissante.
Au collège nous allons essayer de mettre en place des aménagements, toute l’équipe est motivée pour « tout faire pour que tu réussisses et que tu ailles bien » ce sont les mots de ta prof principale.
C’est à toi de jouer.
Je sais que tu sais et pourtant tu n’y arrives pas.
Mais tu te souviens de ce livre que nous lisions quand tu étais petit ? N’oublies pas : « Je t’aimerai toujours quoi qu’il arrive ».
Maman

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